1. Comprendre la réforme
En quoi consiste cette réforme ?
Aujourd'hui, une facture de votre fournisseur de matériaux (Point.P, Cédéo, Rexel...) vous est remise au comptoir en format papier ou vous arrive en PDF par e-mail, et vous devez la transmettre à votre comptable. À partir de septembre 2026, elle arrivera automatiquement sur une plateforme agréée (PA), dans un format que votre logiciel de gestion pourra traiter directement.
Une facture électronique n'est donc pas un simple PDF ou un scan : c'est un document informatique structuré qui circule par un canal officiel, lisible aussi bien par vous que par votre logiciel de comptabilité.
💡 L'idée à retenir
À partir de septembre 2026, la facture papier et le PDF par mail disparaissent pour les échanges entre professionnels. Toutes les factures passeront par une plateforme agréée.
Pourquoi cette réforme ?
Lutter contre la fraude à la TVA (le secteur du BTP étant particulièrement concerné par les enjeux de TVA, notamment l'autoliquidation en sous-traitance).
Simplifier vos obligations administratives : à terme, vos déclarations de TVA (avec vos différents taux : 20 %, 10 %, 5,5 %) seront pré-remplies.
Réduire les délais de paiement : le suivi en temps réel du statut des factures limitera les retards de règlement entre professionnels.
Qui est concerné, en quelques chiffres
7 millions d'entreprises françaises concernées tous secteurs confondus.
Plus de 600 000 entreprises et artisans du bâtiment impactés.
2. Les deux dates à retenir
Tout se joue sur deux échéances : une pour RECEVOIR, une pour ÉMETTRE. Comprenez bien la différence, c'est primordial pour votre trésorerie et vos approvisionnements.
Première date : 1er septembre 2026
Cette date concerne TOUT LE MONDE. Tous les artisans, de l'auto-entrepreneur à la grosse PME du BTP, doivent pouvoir recevoir leurs factures fournisseurs au format électronique dès lors qu'ils traitent avec des fournisseurs assujettis à la TVA.
Concrètement : Vos négociants en matériaux, votre fournisseur d'énergie, votre assurance décennale ou votre expert-comptable vont vous envoyer leurs factures via une plateforme. Si vous n'êtes pas inscrit sur une plateforme à cette date, vos fournisseurs ne pourront techniquement plus vous facturer.
📍 Cas concret
Julien est plombier-chauffagiste, artisan individuel. Il ne travaille que pour des particuliers (il n'émet donc pas de factures électroniques B2B). En revanche, il achète ses chaudières et ses pièces chez un fournisseur et paie son assurance. Au 1er septembre 2026, toutes ces factures arriveront sur sa plateforme agréée. S'il n'en a pas, il ne pourra plus réceptionner les factures de ses fournisseurs.
Deuxième date : 1er septembre 2027
Cette date concerne la grande majorité des artisans. Ils devront pouvoir émettre leurs factures au format électronique pour leurs clients professionnels (B2B).
Concrètement : si vous travaillez en sous-traitance pour un constructeur, si vous facturez des agences immobilières, des syndics de copropriété ou des commerçants, vous devrez émettre vos factures via votre plateforme. Le devis transformé en PDF envoyé par mail ne sera plus valable légalement.
📍 Cas concret :
Sophie gère une TPE de peinture. Elle intervient souvent en sous-traitance pour de grandes entreprises générales de bâtiment et pour des agences immobilières. Dès le 1er septembre 2027, elle enverra ses factures via sa plateforme. Plus besoin d'appeler l'entreprise générale pour savoir si la facture est passée en comptabilité : sa plateforme lui indiquera en temps réel si elle est "déposée", "approuvée" ou "mise en paiement".
Et les grandes entreprises du BTP ?
Si vous êtes un grand groupe ou une ETI (plus de 250 salariés, comme les majors du BTP : Vinci, Bouygues, Eiffage, etc.), vous êtes dans la première vague. Vous devrez à la fois recevoir ET émettre vos factures électroniques dès septembre 2026.
⏱️ Quand vous équiper concrètement ?
Le plus tôt possible. N'attendez pas la rentrée de septembre 2026 : c'est souvent une période de reprise intense sur les chantiers et les éditeurs de logiciels seront saturés. Le bon timing : équipez-vous au printemps 2026 pour tester le système avant l'obligation légale.
3. Êtes-vous concerné ?
Quel que soit votre régime de TVA, la taille de votre entreprise (même sans salarié) ou votre statut : si vous avez un numéro SIREN et que vous réalisez des opérations économiques en France, vous êtes concerné.
Tous les régimes sont concernés
Votre régime de TVA | Êtes-vous concerné ? | À quel niveau ? |
Régime réel normal | Oui, à 100 % | Réception, émission (B2B) et e-reporting |
Régime simplifié d'imposition (RSI) | Oui, à 100 % | Réception, émission (B2B) et e-reporting |
Franchise en base de TVA (Micro-entreprise) | Oui, partiellement | Réception obligatoire + e-reporting pour les ventes |
Toutes les formes juridiques sont concernées
Artisan en entreprise individuelle (EI), y compris les micro-entrepreneurs.
SARL, EURL.
SAS, SASU.
Les groupements (GIE).
Et ce qui n'est PAS concerné (ou soumis à des règles différentes)
Attention, la facturation électronique pure (l'envoi structuré sur la plateforme) concerne uniquement les échanges entre entreprises (B2B).
Si vous facturez des particuliers (B2C) (par exemple : la rénovation de la salle de bain de M. Dupont) :
Vous n'enverrez pas la facture de M. Dupont via la facturation électronique, mais vous pourrez l'éditer depuis Kolecto et lui donner en main propre ou par e-mail.
Cependant (et c'est très important) : vous serez soumis à l'obligation de "e-reporting". Vous devrez transmettre périodiquement à l'administration fiscale les données de ces transactions (montants hors taxe et TVA encaissée) via votre logiciel de facturation.
Sont totalement exclus de cette réforme : les salaires de vos employés ou apprentis, et les opérations avec l'international (qui relèveront uniquement du e-reporting).
